Le Pottok, petit cheval sauvage du pays basque
Les populations de petits chevaux aux caractères primitifs évoluent en semi-liberté sur les landes pauvres aux sols acides et dans les bois de quelques massifs montagneux français et espagnols des Pyrénées occidentales. Habitant le Pays basque, ils sont appelés communément « pottiok », ce qui veut dire « petit cheval » en langue basque. Ils présentent des facultés d’adaptation remarquables à des milieux différents : forêts de feuillus, pinèdes, maquis, dunes, prairies humides et marais, landes de fougères, de bruyères et d’ajoncs, vallons de montagnes pauvres.
Malheureusement, le modèle ancestral de Pottok primitif noir ou brun est en voie de disparition dans son milieu naturel. Cela à la suite de très nombreux croisements pratiqués depuis une cinquantaine d’années avec des chevaux et poneys domestiques, pour obtenir généralement des chevaux destinés à la boucherie ou des poneys de selle. Ils vivaient à l’état libre jusque dans les années 70 sur une aire de répartition d’environ 5000 km2 au Pays basque. Repoussés par l’agriculture intensive, ils ont vu leur habitat se réduire. C’est en 1993 que l’Association Française du Pottok de Type Originel (AFPTO) intitulée au départ « Réserve naturelle du Pottok », tente de récupérer sur les différents massifs du versant français, quelques chevaux conformes à la robe et à la morphologie de la souche primitive afin de constituer un troupeau conservatoire. Des vaches Highland sont également introduites sur la Réserve afin d’ouvrir les milieux et favoriser la biodiversité.
À l’inverse des équidés de plaine qui vivent en grands troupeaux, ces chevaux ont développé un comportement adapté à un environnement boisé particulièrement pauvre, nécessitant de grandes surfaces pour nourrir un petit nombre d’animaux. Spontanément, la moitié des pouliches nées sur le site retrouve ainsi un comportement solitaire à l’âge adulte, adaptation au milieu de forêts et de landes très pauvres, ce qui oblige les chevaux primitifs à se répartir en petits groupes dispersés pour trouver assez de nourriture dans les sous-bois et les clairières.
De plus, à la différence des Mustangs américains ou des Brumbies australiens, tous deux retournés à l’état sauvage et dressables, une fois capturés, même à l’âge adulte, les Pottoks sont des chevaux tout à fait sauvages et craintifs s’ils ne sont pas apprivoisés et mis en confiance à l’âge de 6 à 8 mois. Les Pottoks de la réserve ont conservé le comportement des chevaux sauvages, ils font preuve des mêmes réactions que les Przewalski. Les jeunes mâles réintroduits en totale liberté n’ont aucune difficulté pour conserver leur harem, car ils se révèlent plus agressifs et mieux adaptés au milieu naturel sans aucun complément alimentaire, que les étalons « croisés » tout juste introduits en montagne pour la saison de reproduction.
Enfin, le troisième type de gestion est la gestion agricole à ambition traditionnelle, surtout sur les pelouses sèches. Elle fait appel essentiellement à des ovins, races modernes relativement productives. C’est pourquoi nous ne développerons pas cette gestion qui implique de combiner deux logiques a priori différentes : celle du responsable de site qui vise la restauration et l’entretien d’un milieu naturel et celle de l’éleveur qui a comme but la rentabilité de son exploitation.
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