Le projet Tarpan

Réserve animalière de Konik Polski de Lauwersmeer en Hollande - Photo Cheval Attitude

Le Konik polski, petit cheval polonais, constitue avant tout un patrimoine zoologique unique et un excellent outil de valorisation des espaces naturels en déprise agricole. C’est dans cette optique qu’est né le projet Tarpan, initié par l’association Bugerbivore, dont le responsable est Marc Michelot. Il se fonde sur l’expérience menée dès 1992 dans le Bugey (Ain) avec des Koniks installés sur un marais du plateau d’Hauteville. Situé sur les communes de Cormaranche et d’Hauteville, le marais de Vaux occupe, à 760 mètres d’altitude, une dépression d’une centaine d’hectares cernés de prairies et de forêts. Abandonné par l’agriculture, il finirait par perdre son intérêt écologique si une gestion active n’était pas entreprise afin d’enrayer le processus naturel d’embuissonnement qui aboutit inéluctablement à la banalisation du milieu. Le pâturage extensif par des herbivores rustiques est le mode de gestion le plus adapté. Les chevaux se nourrissent tout au long de l’année des plantes du marais et font ainsi régresser les « hautes herbes » banales et envahissantes. Leur grande rusticité leur permet d’affronter, sans intervention humaine, les rigueurs climatiques, car ils supportent sans problème des températures pouvant atteindre -30° l’hiver et +35° l’été, les parasites ou les périodes de disette liées à la raréfaction de la végétation herbacée en hiver… Comme leurs ancêtres sauvages ! C’est particulièrement durant la saison hivernale que leur influence s’est fait sentir sur les essences végétales envahissantes, comme le saule cendré dont ils sont capables de couper des rameaux gros comme le pouce ! Un enneigement prolongé nécessite toutefois un affouragement d’appoint.

Elevés dans des conditions naturelles, ils ont tendance à retrouver les comportements sociaux propres aux chevaux sauvages. Organisés en harem, ils peuvent se regrouper en un troupeau alors que les jeunes mâles exclus par les étalons dominants forment des petits groupes de célibataires se tenant à distance. Bien qu’ils soient familiers envers l’homme, leurs réactions, en particulier celles des étalons, peuvent être dangereuses. Il est pour cela interdit de pénétrer dans les enclos ! A terme, le projet Tarpan ambitionne de faire une très grande réserve de 200 à 300 hectares, comme en Hollande, avec des "Tarpans de Vetulani" et un volet touristique spectaculaire. 

 

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