Bientôt le printemps, réflexions et lecture...

Ces jours- ci les rigueurs de l’hiver

Emprisonnent encore la nature qui nous entoure

Pourtant hier, j’ai trouvé sur ma route un amandier

Qui déployait courageusement ses premières fleurs

Malgré le vent glacial.

Premier signe timide d’un printemps qui s’annonce…

Pour les chinois, le printemps est une réalité d'actualité en ce mois de février, dans notre corps, notre énergie et la mise en mouvement qu’il induit.

Comme les petites pousses vertes des jonquilles qui apparaissent, je sens en moi pointer le désir de bouger, de me mettre au diapason de ce nouveau cycle de vie qui se prépare…

La saison approche où nous allons pouvoir passer plus de temps dehors avec nos compagnons les chevaux, dehors au contact de la nature qui s’éveille… Eux aussi vont se réjouir des premiers brins d’herbe tendre qui, j’ose l’imaginer, doivent avoir un goût exquis surtout lorsqu’ils sont broutés dans la douceur des premiers rayons de soleil.

Cette mise en mouvement me renvoie à un aspect essentiel et vital de la nature du cheval : il a besoin constamment de bouger.

Lorsqu’il est avec nous, le cheval nous invite à parcourir les grands espaces qui s’ouvrent devant nous et en nous, dans notre tête et dans notre cœur.

Pour tisser une complicité, une harmonie avec nous, il nous invite à toujours repousser les limites que nous nous sommes fixées, soit par habitude, soit par des conditionnements anciens, soit à cause de nos peurs et de notre manque de confiance.

Il nous demande de nous engager vis-à-vis de nous-mêmes, afin d’aiguiser notre conscience ici et maintenant.

Ces réflexions sont entrées en résonance avec un récit que je suis en train de découvrir et que j’ai envie de vous faire partager.

Il s’agit du livre intitulé « Le garçon cheval » écrit par Rupert Isaacson et paru récemment en français…

L'auteur raconte un voyage à cheval au fin fond de la Mongolie, entrepris avec son épouse et leur fils autiste.

A la suite du diagnostic d’autisme posé sur les troubles psychiques de leur enfant, les parents vont tenter parfois désespérément des thérapies diverses pour essayer de l’aider.

Un jour, par hasard, Rupert Isaacson fait l’expérience que son fils a une relation particulière avec les chevaux. Il décide de lui proposer de monter à cheval. Il se rend alors compte que cette expérience transforme la psychologie de l’enfant et lui permet de progresser. A la même époque, l’activité professionnelle de Rupert lui permet d’être en relation avec des chamanes qui vont eux aussi aider le petit garçon à travers leur pratique ancestrale.

De là va naître un projet de voyage à cheval en Mongolie à la rencontre des chamanes de la Sibérie, avec l’espoir que cette expérience permette la guérison du petit garçon.

Ils vont oser bouger jusqu’au bout du monde… sur le dos d’un cheval pour aller vers leur guérison et celle de leur enfant, accepter l’aventure de se confronter à l’inconnu dans une nature encore vierge et sauvage, à chercher leurs ressources au-delà des limites et des repères dans lesquels ils vivent habituellement, tout cela avec et grâce aux chevaux.

Ils s’engagent par rapport à eux-mêmes et les épreuves qu’ils traversent les mettent face à cet engagement. A quoi sont- ils prêts ? Prendre le risque de remettre en question l’idée et la vision d’eux-mêmes, de leur vie, assumer leurs doutes et leurs angoisses aux moments périlleux de cette aventure!!!…

Très vite les parents prennent conscience qu’ils ont eux aussi besoin de guérir et ce voyage est le récit d’une transformation initiatique centrée sur le voyage à cheval.

Dans ce récit, le cheval emmène ses cavaliers au bout du monde extérieur mais aussi dans un voyage au bout de leur psyché, de leur courage et leur cœur.

Si nous ne sommes pas tous appelés à partir à cheval au fond de la Mongolie, nous pouvons tous nous nourrir de ce témoignage et nous ouvrir au voyage intérieur que nous propose le cheval lorsque nous communiquons avec lui.

Le monter, le toucher, oui ! Mais il suffit parfois de le regarder vivre, de s’imprégner de son énergie, d’écouter ce qu’il nous transmet dans son langage pour partir très loin en nous.

Nicole Andress

février 2010